PCR sur prélèvements de lait

La PCR sur les prélèvements de lait des vaches à cellules pour trouver les facteurs infectieux responsables de la mauvaise qualité du lait

 

La qualité du lait dans un cheptel se définit par le nombre de mammites et par les taux cellulaires : Une bonne qualité du lait est caractérisée par une fréquence de mammites cliniques inférieure à 25 % (soit 25 mammites cliniques pour 100 vaches en lactation et par an) et un taux cellulaire inférieur à 200.000 cellules/ml.

 

Si la qualité du lait n’est pas au rendez-vous, cela devient vite un casse-tête : la mammite est une maladie multifactorielle, de nombreux éléments peuvent en être à l’origine : le logement des animaux, l’hygiène à la traite, les traite- ments ou encore la machine à traire. Trouver LE facteur qui va tout solutionner est loin d’être évident ! Tout le monde connaît les bons conseils : changer les produits d’hygiène de traite, curer plus souvent, ajouter des vitamines « anti- cellules » à la ration, changer un peu le niveau de vide, etc. Cela peut avoir des effets bénéfiques certes, mais souvent les résultats sont insuffisants voire décevants car ces mesures sont générales et non spécifiques de la cause des mammites dans l’élevage.

 

L’idéal est de savoir exactement quels sont les facteurs infectieux dégradant la qualité du lait dans un élevage donné ; plus le diagnostic est précis, plus les mesures sont adaptées à la situation et plus les effets sur la qualité du lait sont notables.

 

Aujourd’hui, la technique d’analyse par PCR sur le lait des vaches à cellules permet d’avoir un profil infectieux précis des germes en présence ; en effet, la PCR est une technique d’analyse extrêmement sensible et spécifique car c’est l’ADN des bactéries responsables de mammites qui est détecté : même si les germes sont en très petites quantités, une analyse par PCR qui cible ces germes va pouvoir se positiver alors que les cultures pourraient rester négatives.

 

Initialement, le lait dans la mamelle est exempt de bactéries. Les germes entrent par le sphincter du trayon et ensuite, en fonction de l’agressivité de la bactérie et de l’immunité de la vache, on peut observer une mammite clinique sévère, une mammite clinique bégnine ou bien seulement une augmentation des taux cellulaires (mammite sub-clinique).

 

En principe, si tout se passe bien, la vache est capable de se défendre et de « nettoyer » complètement sa mamelle : la mammite guérit, le taux cellulaire baisse et le lait est de nouveau stérile. Mais, pour diverses raisons, la vache n’est pas toujours capable de nettoyer complètement sa mamelle et il reste quelques bactéries : la mammite rechute ou le taux cellulaire reste élevé.

 

C’est précisément ces bactéries qui restent en très faible quantité dans la mamelle que la PCR est capable de détecter. Si une vache connaît plusieurs mammites « mal-guéries » avec quelques bactéries persistantes dans la ma- melle, on peut alors dresser un « portrait » des bactéries résiduelles consécutives aux infections subies par la mamelle.

 

En élargissant à l’échelle d’un cheptel, des analyses par PCR réalisées sur plusieurs vaches en même temps permettent de dresser le portrait des agents responsables des mammites de l’élevage. Les familles de bactéries identi- fiées ainsi que leur répartition au sein des vaches prélevées nous orientent vers le type de facteurs responsables des problèmes de qualité du lait dans cet élevage précis ; les mesures prescrites s’en trouvent plus spécifiques et donc plus efficaces.

 

COMMENT FAIRE ?

 

« L’empreinte » du cheptel serait parfaite si toutes les vaches avec des taux cellulaires supérieurs à 200.000 cellules/ml étaient prélevées. Mais cela n’est pas indispensable : avec 7 à 10 prélèvements, les résultats obtenus permettent d’établir un bon diagnostic. Bien sûr, il faut cibler les quartiers à prélever, c’est-à-dire ceux à cellules, ce qui implique la réalisation préalable de CMT.

 

Exemple 1 :

 

Présence de Staphylococcus aureus, Staphylococcus spp. et Co- rynebacterium bovis sur la majorité des vaches prélevées ; cela indique une origine purement contagieuse avec l’existence d’un réservoir de S. aureus. Dans cet élevage, les mesures d’hygiène à la traite sont revues, les parties en caoutchouc de la machine à traire sont remplacées et le lavage quotidien de la machine à traire est amélioré (Parallèlement, le nombre de germes a baissé de 24 à 6 germes/ml).

 

Exemple 2 :

 

Présence prédominante de Streptococcus uberis, une bactérie d’environnement. Malgré la présence de quelques Staphylococcus aureus et Staphylococcus spp, nous avons cherché à améliorer le logement des ani- maux par un curage plus fréquent - tous les 15 jours au lieu d’une fois par mois. De plus, les traitements des mammites cliniques ont changé : les pres- criptions sont remplacées pour être adaptées à S. uberis.

 

 

  Ellen Schmitt Van de Leemput