Resultats de l'étude coccidiose

Résultats de l’enquête coccidiose menée chez certains d’entre vous.

 

Du 15 janvier 2013 au 15 janvier 2014, nous avons mené une enquête « coccidiose » au sein de la clientèle de notre réseau Vetopteam, (Clinique des Marches de Bretagne et Vetformance). Un grand merci aux éleveurs ayant participé à l’étude !

Notre objectif était d’identifier les principaux facteurs de risque de survenue de la coccidiose dans les élevages afin de vous aider à mieux les contrôler.

Nous avons réalisé dans chacun des 48 élevages participants, un audit «veaux» balayant les principaux paramètres de leur élevage : mode d’élevage, conditions de logement et alimentation des veaux, depuis leur naissance jusqu’en post-sevrage. Des analyses coprologiques, pour rechercher les coccidies, ont complété ces audits.

NOS OBSERVATIONS :

 

Trois grands facteurs de risque ont été mis en évidence dans presque tous les élevages étudiés :

 

  • UNE ACCUMULATION EXCESSIVE DE COCCIDIES DANS LES NURSERIES

Avec l’augmentation des quotas, beaucoup d’entre vous (83% des élevages étudiés) ont des vêlages étalés sur toute l’année, avec une densité importante de veaux dans les nurseries.

Cela conduit à une insuffisance, voire une absence de nettoyage et de désinfection de la nurserie et du box de vêlage.

L’environnement se retrouve alors très contaminé et la quantité de coccidies ingérées finit par dépasser les capacités immunitaires du veau.

 

  • UNE ALIMENTATION ACIDOGENE

En phase lactée, alors que les veaux ne sont pas encore des rumi- nants, beaucoup d’entre vous distribuent déjà un aliment 2ème âge trop riche en cellulose brute.

En post-sevrage, c’est le contraire qui se produit ; l’aliment est sou- vent pauvre en cellulose brute et trop riche en aliment finement moulu à base de céréales (souvent blé et orge).

De plus, les fourrages mis à disposition en post-sevrage sont parfois à risque (foin trop riche, ensilage de maïs ou d’herbe) ou pas suffisamment accessible.

 

  • DES DEFENSES IMMUNITAIRES DEPRIMEES

Tout stress lors de l’élevage du veau diminue ses défenses immunitaires et le rend sensible à la coccidiose. La gestion des lots (effectif trop important dans 50% des élevages étudiés, différence d’âges trop importante), un sevrage très précoce, la non gestion de la douleur lors de l’écornage (seuls 8% des élevages étudiés réalisent une analgésie), une mauvaise ambiance de la nurserie (facteur de risque dans 70% des élevages étudiés) sont autant de facteurs de risque pouvant conduire à une baisse d’immunité des jeunes bovins. Il en résulte un stress permanent sur les veaux.D’autre part, toute maladie associée rend les veaux encore plus sensibles aux coccidies, c’est le cas des pneumonies.Ajoutons que le BVD est également un facteur aggravant car c’est une maladie qui déprime fortement l’immunité des animaux ; 61% des élevages de notre étude ont un statut positif en BVD.

 Veaux atteints de coccidiose chronique

 

NOS CONCLUSIONS, NOS CONSEILS :

La survenue d’épisodes de coccidiose résulte d’une rupture de l’équi- libre entre le nombre de coccidies ingérées et l’immunité du veau. Pour éviter cette situation, il est important de travailler sur deux objectifs :

DIMINUER LE NOMBRE DE COCCIDIES DANS VOTRE BATIMENT SACHANT QUE CE PARASITE EST TRES RESISTANT

Cela passe par :

  • Curer régulièrement

  • Nettoyer systématiquement le box vêlage

  • Nettoyer complètement au moins une fois par an la nurserie, avec vide sanitaire si possible

  • Désinfecter avec un produit adapté et démontré actif sur les œufs de coccidies (PROPHYL à 5% par exemple)

EVITER DE DEPRIMER L'IMMUNITE DES VEAUX

  • Proposer une alimentation adaptée

  • Assurer une bonne ambiance en nurserie

  • Réduire tout évènement diminuant les défenses immunitaires du veau

  • Mener des lots homogènes de 5 veaux maximum

  • Ecorner sous anesthésie locale et avec antidouleur

     

    Ces différents facteurs de risque sont plus ou moins simples à améliorer. En effet, s’il n’est pas toujours évident de modifier une nurserie afin d’obtenir des conditions d’ambiance satisfaisantes, le choix d’une alimentation adaptée est en revanche plus facile car il existe des critères de composition à connaître et à respecter selon la catégorie d’âges des veaux. De même, il est souvent possible de trouver des solutions pour maintenir une hygiène correcte et ainsi minimiser la pression parasitaire.

    Si vous rencontrez ce type de problèmes, venez en parler avec nous ; nous pouvons étudier votre situation et vous proposer un audit complet personnalisé.

     Olivier SAMSON